Imaginons le cas de la femme qui a un amant et qui le cache à son mari. Si on peut admettre que certains mensonges sont parfaitement invention, ils sont rares. A la question « m'a tu trompé ? » la femme pourra répondre dans un parfait soucis de vérité « non ! ». Pourquoi ? À votre avis, combien de sens peut on donner au mot « tromper » ? À en voir toutes les nuances, il est parfaitement admissible que cette femme n'ait nullement trompé son mari, mais est seulement aller coucher avec un autre. Ainsi, le langage ici utilisé dans le mensonge et sa signification est un produit des valeurs morales de la personne, en fonction du degré de connaissance de la langue... dans un sens tel que le définit la société, cette femme a bien trompé son mari. Seulement c'est plutôt son point de vue qui est important dans le règlement de cette affaire, et non pas celui d'une société qui semble ni ne lui correspondre, ni connaître le contexte.
Je dirais donc qu'on peut penser que le mensonge n'est rien d'autre que la vérité. Mais pas celle tel que le définit la norme. Le mensonge, c'est la vérité sur le sens que l'on donne ou veut donner au mot, avec ou sans intention malhonnête. La vérité est ainsi universelle, et ce sont les perversités du langage et de l'éparpillement des valeurs de la société qui sont responsable de ces différenciations. Toutefois, on peut certainement reconnaître le coté malsain de transformer a ses fins un sens d'un mot pour le faire convenir à une situation donné.
Malsain, certes. Mais pour autant, le mensonge réussit, ce n'est rien que la vérité sous un point de vue différent. Le mensonge, c'est la vérité.
